Vendredi 18 décembre 2009
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Communiqué de la FCPE Val d'Oise
ÉCOLE PUBLIQUE : PAS DE COMPROMIS POSSIBLE AVEC LE PRIVÉ !
Le Conseil municipal d'Argenteuil a adopté dans sa séance du 14 décembre 2009 par 29 voix POUR et 22 voix CONTRE
le principe d’implantation sur son territoire de l'illustre et très élitiste École Alsacienne
fondée en 1874 dans le 6ème arrondissement de Paris ainsi que
le principe de mise à sa disposition, pour un euro symbolique, d'un terrain vacant de
plus de deux hectares, dont la valeur est estimée à plus de 3 Millions d'euros par les opposants à ce projet.
Sans ignorer les valeurs humanistes ni le caractère laïque de cet établissement privé, la FCPE-95 s’inquiète de cette nouvelle
entorse au principe républicain "école publique, fonds publics – école privée, fonds privés".
Les frais d'inscription à l'École Alsacienne s'élèvent cette année à 790 euros par trimestre et un peu plus de 400 euros pour la
cantine. Qui peut prétendre lutter contre l'augmentation de la «ségrégation scolaire» au sein de la société française en
favorisant l'implantation d'un tel établissement privé à Argenteuil ?
Les parents d'élèves FCPE ne peuvent pas cautionner une telle opération
de sape des valeurs de la République par le siphonage du bien public au profit de l'enseignement privé et au détriment de l'école publique. Non, Monsieur le Maire, une école fut-elle privée n'est
pas une entreprise comme une autre, parce que l'éducation n'est pas une marchandise. Il s'agit bien du vivre ensemble et des choix fondateurs d'une nation qui sont ici en jeu. La logique
fondatrice de notre école publique laïque doit l'emporter sur la revendication des intérêts particuliers et des particularismes de tous ordres.
Pour la FCPE la lutte contre la ségrégation scolaire passe par le renforcement du service public de l'éducation et non par son
démantèlement ni sa mise en concurrence avec des établissements privés plus ou moins élitistes.
Dans cette période où l'on célèbre le 150ème anniversaire de la naissance de Jean Jaurès, souvenonnous
nous dans quels termes il justifiait en 1906 son engagement en faveur de l'adoption de la loi du 9 décembre 1905 promulguant la séparation des Églises et de l'État
:
"Il ne faut plus que les enfants de la nation soient élevés en deux camps ennemis. Ils doivent être élevés dans la même
lumière, dans les écoles de la nation républicaine où ils apprendront à s'aimer les uns les autres."
Les parents d'élèves FCPE
sont attachés à cette éthique du vivre ensemble pour construire une indispensable solidarité et fraternité entre les enfants de
milieux sociaux les plus divers.
Les fonds publics, municipaux, départementaux, régionaux et d'État doivent être mobilisés pour développer le réseau des
établissements publics de l'Éducation nationale et améliorer leur fonctionnement au profit de tous les enfants –sans discrimination selon les opinions, les origines ou les capacités financières
de leurs familles. Les enfants d'Argenteuil, du Val d'Oise et de France ont tous le même droit à une éducation de qualité dans des établissements publics de proximité, ouverts à tous
et respectueux des principes de la gratuité et de la laïcité. Et il revient à l'État et aux collectivités locales -Municipalités, Conseils généraux, Conseils régionaux- de
garantir cette égalité de traitement et d'assumer leur mission éducative sans se délester d'une partie de leurs obligations sur des établissements privés aussi prestigieux soient-ils.
C'est pourquoi la FCPE demande aux autorités municipales, départementales, régionales et académiques de renoncer à ce projet qui accroîtrait
davantage la ségrégation urbaine, pousserait les feux de l'abandon de la carte scolaire, accélérerait encore la sortie des enfants des familles des couches moyennes de l'école publique tout en
faisant payer à tous les Argenteuillais le terrain offert à cette école privée.
Cergy, le 17 décembre 2009